La résurrection des morts
Au sein même de toute la Bible/Torah, la croyance dans la résurrection des morts est prépondérante.
La croyance d’Israël est basée sur une résurrection à partir même de nos fragments osseux, et se dit : « Te’hiyat hamétim » ce qui veut dire littéralement : « retour à la vie des morts ».
Cette croyance dans la résurrection s’inscrit dans les 13 principes de foi selon Maïmonide (Le RAMBAM). Celle-ci est positionnée au cœur même de la prière quotidienne de tout Israël lors de la AMIDA [le moment de la prière silencieuse qui se fait debout face au créateur] lors de la proclamation de « Mé’hayé hamétim » ou « Celui qui fait revivre les morts »
Pour tous les Bnéï Israël, [les fils d’Israël], la vie se prolongera car elle est sacrée et, de ce fait, la mort physique n’est qu’une séparation temporaire entre l’enveloppe du corps et l’âme. Ceci est la conséquence d’une rupture originelle.
Sacrifice de Yéshoua
Yéshoua [ou Jésus dans son appellation hors de la pensée hébraïque] nous a enseigné en citant les écritures, c’est-à-dire « la Torah et les prophètes ». Il a donné sa propre vie dans un acte qui n’a rien à voir avec un sacrifice humain, puisqu’il était totalement impossible pour un juif de valider ce que la Torah interdit formellement. (Lévitique 18 :21) ; Deutéronome 18 :10.
Alors, dans quel contexte, dans quel concept s’inscrit son acte personnel, au travers du fait qu’il se soit livré lui-même entre les mains de ses bourreaux ? Il a dit « Je donne ma vie et personne ne me la prend » Jean 10 : 15 en faisant référence à sa propre mort, qu’il savait proche devant lui.
Son acte doit être compris au travers de la pensée des Sages d’Israël, parce que cela permet de réconcilier la folie de cette mort donnée pour ses propres frères et les hommes de toutes les générations.
Cela s’appelle le Tikkoun « notion de réparation ». Il s’agissait dès lors de réparer, de rectifier, de corriger, et de mettre en ordre ce qui avait été raté par l’Adam primordial celui appelé « Adam Harichone » cet homme de la création, parce que selon le rabbin Isaac de Louria qui est un éminent Cabbaliste, le monde a été brisé (Shévirat hakélim) un monde brisé matériellement et moralement.
Ainsi l’oeuvre du plus grands des tzadikim qui est Yéshoua « Hatzadiq » « Le juste » par excellence, doit être contextualisée pour être comprise. Ce travail de réparation du monde perdu à cause de la faute « Toumah » doit être éclairé par la notion des Sages d’Israël, c’est-à-dire des pères, de ceux qui ont reçu puis transmis la Torah orale et la Torah écrite dans chaque génération depuis Moïse (Moshé) jusqu’à Ezra (Esdras) qui a institué au retour du 1 er exil, celui de Babylone et de Perse la Torah et son canon composé de 24 livres.
Niveaux de l’âme
Il faut connaître la notion des niveaux de l’âme, car l’âme reçoit un potentiel d’élévation, de progression. C’est justement dans ces niveaux que Yéshoua est venu réparer :
1 er niveau : Nefesh
C’est l’âme fonctionnelle au niveau biologique, physiologique et psychique.
2 ème niveau : La Roua’h
C’est la dimension intellectuelle de notre spiritualité.
3 ème niveau : La Néshama
C’est la dimension de la vitalité, qui se trouve dans l’être, présente dans chaque personne.
4 ème niveau : La ‘Haya
Niveau où se situe la volonté et le désir
5 ème niveau : La Yé’hida
Niveau où se situe l’essence même de l’âme et c’est justement dans ce niveau que se situe la résurrection.
Il est impossible à tout humain, quel qu’il soit, d’atteindre ce niveau d’âme et c’est justement au travers de cette étape de réparation que Yéshoua a pu traiter la loi de la mort. C’est ici que se situe dans la pensée d’Israël la notion de mérite (Rétablir la justice par une œuvre parfaite).
Les Sages d’Israël nous enseignent que cette justice est exprimée par la droite (celle justement dans laquelle Yéshoua était positionné), il s’agit de la notion de la miséricorde que D.ieu a fait valoir dans le processus de la création afin d’équilibrer la force et la rigueur qui étaient nécessaires pour créer.
La réparation par Yéshoua
C’est par sa résurrection avec plus de 5’000 témoins, et au travers de circonstances très spécifiques en lien avec la fête juive de Pessah’ que s’inscrit l’œuvre de Yéshoua qui vient parachever la sortie de l’Egypte et apporter le sens final de la fin de l’exil d’Israël et de celui de tous ceux qui acceptent la Torah et le nom de Yéshoua.
Cette loi qu’il est venu abolir n’est absolument pas la Torah d’Israël (orale et écrite) mais la loi de mort qui prévalait sur toute forme d’existence terrestre. Nous savons que cette loi de mort n’a plus aucun effet dans le monde futur (Olam haba = état futur de l’existence), car il a tout réconcilié et donc réparé la rupture Adamique.
Yéshoua a, lui, pu traverser tous les niveaux, que ce soit les niveaux inférieurs du monde d’en bas et les niveaux du monde supérieur. Personne hors de lui n’a pu faire ce travail de « Tikkoun » dans tous les niveaux. Nous savons que de grands rabbins, certains hommes de foi (hors même d’Israël) font de grandes réparations et nous aussi nous sommes appelés à réparer chaque jour un peu dans ce monde (Olam Hazé).
Cette notion de réparation est étrangère dans la pensée du Christianisme, du moins pas contextualisée, est unie avec Israël. Tout n’est pas acquis par la simple foi, croyance en Yéshoua/Jésus, nous devons ainsi agir et cela demande des efforts de notre part à tous égards ; nous sommes dans une bataille pour la foi (« Mil’hemet haémounah »).
Le rabbin Paul (Shaoul de son nom hébreu), issu du mouvement des péroushim (les séparés) soit les pharisiens, l’a enseigné, en accord avec la pensée d’Israël : 2 Timothée 4 :7 « J’ai combattu (notion d’effort et d’opposition à une pensée étrangère à celle d’Israël ), j’ai combattu le bon combat, j’ai terminé la course, j’ai gardé la foi (Emounah en hébreu) qui évoque la notion de fidélité à la Torah et aux mitzvot (les commandements ou instructions).
Yéshoua a donc effectué un acte de réparation universel, et s’inscrit dans la notion juive du don total de soi par un effacement de sa propre personne. Cet acte s’appelle : « Mésirout néfesh ».
Dès lors, il ne s’agit pas d’un sacrifice expiatoire tel que présenté par le christianisme mais bien d’un acte juif, accompli par un Messie juif.
Il n’est pas possible pour le monde juif de cautionner la pensée d’un sacrifice humain et c’est pourquoi il est de notre devoir de remettre en contexte l’acte parfait de notre Adon Yéshoua.
La résurrection de Yéshoua doit être restaurée, rectifiée et pour cela il est primordial de situer son acte du don de sa vie dans le Tikkoun universel, celui de la guéoulah (délivrance, libération spirituelle et universelle).
Yéshoua est le « Goël » le libérateur des âmes, celui qui libère un proche et donc ceux qui sont dans son appartenance.
La foi dans la résurrection des morts d’Israël est donc totalement compatible avec la foi en Yéshoua dans le contexte juif de son temps, mais également de celui de notre génération et des suivantes.
Que D.ieu bénisse le troupeau de son pâturage, son peuple, celui qu’il a formé à la sortie d’Egypte ; cette dimension surnaturelle qui était la première étape de la rédemption finale à venir.
Baruh aba béshem Ad-naï en Yéshoua Ha Mashiah
JC Deriaz