WOKE ou éveil en français, fait référence à un niveau de vigilance [retenez bien le terme ici] un éveil face aux injustices sociales porté ensuite par les mouvances afro-américaines telles que Blake Lives Matter et une partir de la jeunesse actuelle, qui cherche ses causes à défendre face à un monde en mutation, passé désormais en mode accéléré.

Le mouvement WOKE n’est pas seulement un éveil à l’injustice mais bien à un positionnement critique des concepts liés aux :

  • Identités
  • Discriminations
  • Langage et représentations
  • Défense des peuples opprimés [selon leur propre lecture de l’histoire]

On peut de ce point de départ tirer un constat que ce n’est pas qu’un simple APPEL à être conscient des injustices, mais une lutte motivée par l’accusation de l’ensemble des modèles de l’histoire et d’aujourd’hui, qui ne répondent pas à leur désir de liberté, leur propre idée de la liberté.

Quel monde souhaitons-nous défendre ? Celui du passé ou celui à venir ?  Il faut savoir pourquoi on va se battre et contre qui ?

Si nous devons choisir, c’est bien parce que cette capacité nous est donnée et elle vient bien de quelque part non ?  L’enjeu caché derrière le choix est colossal.

Le grand rabbin Joseph ‘Haïm Sitruk Z’’L, a dit dans l’un de ses cours « On est malheureux si l’on n’arrive pas à choisir notre vie et notre but existentiel ». « Si l’on choisit le monde d’après (Olam Haba en hébreu) on choisira un monde plein, rempli » dit-il encore.

A l’image de la construction de la fameuse tour de Babel cette construction faite de briques vides, signifie une construction vide de sens, sans vision du monde futur. Avant elle, l’humanité avait toujours construit avec du plein. La brique avec du vide est arrivée dans cet épisode de l’histoire de l’humanité.

Aujourd’hui nous évoquons le Shofar et nous tentons de faire lien avec le monde de l’éveil (WOKE en anglais). Le shofar qui est un autre modèle, une alternative complète à la pensée WOKE qui, si elle porte en elle-même une revendication de justice, n’arrive cependant pas à travailler les profondeurs du cœur de l’homme. C’est ce qui fait rater le but, le bon combat, la lutte pour les accomplissements du futur. 

Les gens se disant éveillés, ne le sont que par eux-mêmes, par leur propre point de référence et ils n’arrivent pas à sortir de leur propre monde, de leur propre matière. Ils restent rattaché qu’à eux-mêmes, cela est donc limitant.

Le SHOFAR est lié à la racine hébraïque trilittère [Rèt-Rèsh et dalèt], cette racine hébraïque relie à l’idée de la crainte et donc ‘Harad en hébreu qui veut dire [trembler, frémir, et être saisi de crainte] cela fait sens avec le verset 20 :18 de Shémot (dans l’Exode) :

« Après avoir entendu le son du shofar, le peuple tremble et se tient à distance »

On trouve aussi cette notion dans le livre du prophète Amos 3 :6

« Le shofar sonne-t-il dans la ville sans que le peuple ne tremble » ?

Le Shofar devrait réactiver notre vigilance, nous tenir en éveil, en réveil spirituel, dans une vigilance constante.

Le rabbin Joseph ‘Haïm Sitruk établi le lien de la vigilance avec des situations de l’existence courante, dans lesquelles nous sommes obligés de rester en tension profonde pour notre survie. Ceci par exemple lorsqu’un danger imminent se présente devant nous. Nous sommes donc éveillés pour la vie, car craignant la mort physique.

Le verbe « ‘Harad » en hébreu, fait référence à cet état transitoire, souvent bref face au danger. Le shofar n’est pas un instrument beau, qui sonne bien, il n’est pas spécifiquement harmonieux. Il contient une tout autre vocation qui est celle d’amener à l’éveil (pas comme le WOKE) mais à réveiller.

Lors de Matan Torah au Sinaï (le don) le peuple était totalement uni dans un état de vigilance extrême et donc éveillé de manière collective. Le mouvement WOKE contemporain s’inscrit dans une altération de cette manifestation unique. Pourquoi ?

Le shofar est sonné durant à la sortie de la 1ère fête du mois de Tishri, c’est à dire de la fête de Rosh Hachana, période en début de mois où la lune est cachée (basse dans son cycle). Le Talmud dit dans son commentaire que cela rapporte au fait que nos fautes (avonotes =fautes intentionnelles) sont aussi cachées durant cette période, alors pourquoi ?

Parce que les Sages d’Israël les grands commentateurs de la Bible, nous expliquent que lorsque nous entrons dans le mois des sonneries du shofar, l’homme devient réveillé dans sa conscience profonde et donc il ne pourra pas fauter à ce moment du shofar car il est totalement concentré, inatteignable durant un instant comme protégé.

L’état de vigilance dans cet éveil du shofar est intrinsèque à la capacité de pouvoir progresser dans le domaine de l’éthique dans la pensée biblique hébraïque. Il lutte contre son propre penchant au mal (Se dit en hébreu : Le Yétzer Hara).

Quand on est en état de vigilance, on se met à l’abri de la faute ! Comme face au danger.

Cet état nous rend inaccessible au Shatan [adversaire] qui perd le contrôle. Par contre, se mettre en mode « Cool et relaxé » nous rend disponible en quelque sorte et cela ouvre la porte et on devient alors vulnérable.

Le grand rabbin ‘Haïm Sitruk nous rapporte encore :

« Quelqu’un qui n’est pas là où il devrait être, passe à côté de sa vie ». On ne parle pas de géographie ici. Cela veut littéralement dire que l’on pourra l’amener où l’on veut, car il devient habité par la faute. Il n’est pas dans le but, dans son ADN dans sa loi de vie, celle qui devrait l’habiter pour servir le Créateur bénit soit-il. Cette loi intrinsèque est manifestée justement par la Torah et le respect des commandements.

La peur (Yir’ah Hashem) dans ce cas, est une peur motivée par le respect dans l’attachement de l’amour, qui nous met hors de portée de la faute. Il faut comprendre qu’il est vital de concentrer notre vie dans un état de vigilance perpétuelle. Pourquoi les sages nous l’enseignent ?

Parce que le monde qui est fait de matière, nous attire. Car Adam fait de l’Adamah, est formé de la matière organique :

‘Homèsh = La matière = ‘Hamor = l’âne

Tsoura = La forme = la dimension de liberté = être actif.

Ce qui nous tente c’est toujours la matière, c’est le passif, ce qui est modelable. Les individus qui ne font rien, sont à l’image de la matière et donc on peut les façonner en faire ce que l’on veut. Quand on vieillit et que les capacités s’amoindrissent cela nous redirige vers la matière, ce qui deviendra inerte par la suite.

Rester jeune c’est avoir un projet encore devant soi dans la tête.

Les systèmes mondiaux veulent nous amoindrir, afin s’il était possible de nous rendre comme de la matière inerte, nous faire végéter par les fausses libertés, celles du divertissement et de l’oisiveté et ainsi nous priver de notre potentiel de vie.

Etre disponible, se rendre disponible pour la non-vigilance, c’est se mettre volontairement en situation de cible potentielle, et donc d’être facile à détourner pour rater le but de notre existence et cela et justement fauter (amartia en grec = erreur, manquement dans le but ultime.

La matière en hébreu est toujours un pluriel comme par exemple ; le mot Maïm qui veut dire tout à la fois :

L’eau

Une goutte d’eau (singulier)

Les eaux (pluriel)

Mizou (en Japonais)

Ou Shamaïm [Les cieux] et on ne dit pas le ciel comme en français.

A contrario, l’Adam qui définit l’humanité, ne peut pas être traduit au pluriel en hébreu et donc il reste unique. Si l’Adam n’est pas relié à la matière car il a vocation de s’attacher à l’Eternel et rester si nous sommes uniquement attirés que par le matériel dans l’existence, cela va finir par nous nous isoler (comme le matériau va isoler, et c’est sa fonction). Nous isoler de notre potentiel spirituel nous met irrémédiablement dans une position difficile, pour venir ensuite dans la pratique du commandement qui donne la VIE véritable.

Le jour du Shabbat dans les kehilote [les communautés] on pratique le Zimoun  qui est  la prière de remerciement après le repas [Hamazon en hébreu]. Le Zimoum c’est donc le fait de sortir de l’isolement, car quand on mange on le fait pour nous-même et l’on se met en position d’isolement d’une certaine manière, on est séparé. Justement les commentateurs d’Israël et ceux qui décident de la pratique dans le Judaïsme, ont réfléchis à cet état de fait et c’est pourquoi, ils ont prévu cette prière en communauté placée en fin de repas, pour sortir de la matière et donc de l’isolement.

Toutes les fonctions « matérielles » de l’homme l’isole et l’enferme en esclavage. Devenir libre, selon la Torah et Israël, c’est donner un sens, un but à notre vie et il faut dépasser la matière avec la transcendance. Le son du shofar à une fréquence très spécifique qui va nous mettre en éveil, nous faire sortir de la dimension qui nous lie qu’à la matérialité. Ce son nous questionne sur le fait de « où allons-nous dans notre vie » ?  

NE SUBIS PAS-DECIDE-TOI ! NE SOIS PAS ESCLAVE DE TA CONDITION qui sont tes passions et tes ambitions personnelles uniquement.

Le shofar nous dit : Ne poursuis pas ce que tu as envie de faire, mais poursuis ce que tu dois faire, le sens du devoir, c’est justement ce qui va nous affranchi et nous rendre libre.

La TORAH a amené dans le monde la MITZVAH [Bar Mitzvah] un fils accompli. Un être éveillé actif et responsable de ses actes. UN FILS DU DEVOIR ENVERS D.ieu et les hommes. Pratiquer les commandements de la Bible, c’est être un Bar Mitzvah ou une Bat Mitzvah. Le monde profane nous explique lui que : Les ordres nous asservissent.

La dialectique de la Torah [Bible] est tout autre, C’est justement de fait d’avoir la capacité de sortir de son esclavage personnel et aussi collectif, sortir des contingences de la vie et justement des ordres qui ne nous réveillent pas face à D.ieu.  

Question de fin : EVEIL par le WOKE [qui produit une rupture avec les modèles passés] ou se laisser réveiller par la dimension surnaturelle du son du SHOFAR ?

Le choix et devant vous, choisissez la VIE !    réf : Sefer Dévarim 30 :19 

JCD-2026

Last modified: 16 octobre 2026
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